Comment arrêter de trop penser ?

“Je pense trop” : si vous lisez cet article, ce terme doit forcément vous parler. Vous connaissez cette impression de ne jamais pouvoir s’arrêter de penser. Malgré tous vos efforts pour vous occuper, le flot de pensées finit toujours par revenir. 

Eh bien rassurez-vous, cela est normal. Il s’agit d’un phénomène que l’on peut facilement expliquer et même contrer grâce aux neurosciences.

Et c’est justement ce que nous allons voir dans cet article ! 

Une histoire de déséquilibre

Il faut savoir tout d’abord que votre cerveau peut se placer dans deux modes différents : 

  1. Soit il peut être émetteur, c’est-à-dire qu’il va émettre des pensées
  2. Soit il peut être récepteur, c’est-à-dire qu’il va recevoir des informations provenant de nos sensations corporelles

Or lorsque l’on a tendance à ne pas pouvoir s’arrêter de penser, cela résulte bien souvent d’un déséquilibre entre l’émissivité et la réceptivité. Cela s’explique en partie par notre mode vie moderne, où l’excès de stimulations visuelles et auditives va largement favoriser le passage en émissivité. 

Entre les notifications en provenance des réseaux sociaux, les mails, les responsabilités professionnelles, la vie famille : nous vivions actuellement dans un monde où nous sommes constamment sollicités.

Il n’est donc pas étonnant que cela en vienne à impacter le fonctionnement de notre cerveau !

Mais pourquoi ressassons-nous des idées négatives ? 

Sur près de 60 000 pensées émises chaque jour, on estime que près de 80% d’entre elles sont négatives. Quand on y pense, c’est juste énorme ! Mais cela expliquerait également pourquoi nous avons tendance à ressasser des idées négatives plutôt que d’autres plus heureuses.

Tout simplement parce que notre cerveau, encore aujourd’hui, est calibré pour la survie.

Or il s’avère que les pensées négatives sont associées à une forme de danger. Elles occupent donc logiquement une place plus importante que celles positives dans notre esprit.

Se focaliser sur ses sensations corporelles

Mais alors comment faire pour se débarrasser de ses pensées ? Comment pouvons-nous mettre un terme au fameux « je pense trop » ?

En réapprenant à se focaliser sur ses sensations corporelles.

A force d’être submergés de stimulations externes, nous devenons peu à peu déconnectés de notre propre corps. Si nous n’y prêtons pas attention, il est facile de passer en « mode automatique » et de faire les choses de manière robotique, c’est-à-dire sans y penser.

Par exemple, si vous mangez devant la télévision, vous altérez grandement la capacité de votre cerveau à analyser la quantité de nourriture ingérée durant votre repas.

Il sera ainsi facile de manger de manière excessive et de se retrouver à dire en fin de repas « j’ai trop mangé ». Pourquoi ? Parce que vous n’aurez pas été attentif à vos sensations alimentaires.

En occultant le ressenti de la satiété, vous avez empêché votre cerveau de vous envoyer à temps le signal pour arrêter de manger.

Cet exemple illustre parfaitement  l’importance de justement rééquilibrer les modes émissivité et réceptivité de notre cerveau. Car pour en revenir à notre « je pense trop », vous vous rendrez compte qu’en étant davantage connecté à vos sensations corporelles, votre flot de pensées se tarira de manière automatique.

Pourquoi ça ? Tout simplement parce que le cerveau ne peut pas émettre et recevoir en même temps. Il privilégiera toujours l’un ou l’autre. C’est pourquoi se focaliser sur vos sensations corporelles vous permet naturellement de moins penser.

L’activité physique

Or justement, l’un des meilleurs moyens pour apprendre à se reconnecter à ses sensations corporelles, c’est l’activité physique.

Prenons un exemple : la musculation. Souvent considérée comme une activité manquant cruellement de finesse, une pratique rigoureuse de la musculation demande pourtant une grande concentration. Il est en effet important de se focaliser sur ses sensations musculaires pour obtenir les meilleurs résultats de chaque exercice.

Dans un autre registre, des activités comme le yoga et le pilates demanderont un grand contrôle au niveau respiratoire.  

Le point commun entre ces deux types de pratique est que vous devrez être attentif à vos sensations corporelles les réaliser de manière efficace. Cependant, ce principe s’applique également à n’importe quelle autre activité physique.

La technique pour rester concentré

Il n’est malheureusement pas toujours possible de faire du sport pour arrêter un flot de pensées incessant. Et bien souvent, cela peut devenir très pénible voire mission impossible de se concentrer avec ce handicap.

N’avez-vous jamais été gêné par le fait de trop penser au moment de suivre un cours, de lire ou même de réfléchir pour votre travail ? Nous imaginons que si.

Alors voici un petit conseil pour devenir instantanément plus concentré : bougez. Si vous êtes en train d’assister à un cours, griffonnez sur une feuille de papier. Si vous devez trouver de nouvelles idées pour un projet professionnel, faîtes-le en marchant.

Ces conseils visent tous à occuper la partie motrice de votre cerveau, qui a tendance à s’ennuyer lorsque nous dédions notre temps à des tâches plus intellectuelles.

C’est ce qui explique par exemple notre tendance naturelle à faire les cents pas lorsque nous devons prendre une décision importante ! Bouger vous permet dans cette situation d’améliorer votre concentration.

La planification

Maintenant que nous avons les raisons physiologiques qui peuvent expliquer la problématique du « je pense trop », il nous reste à voir une raison plus rationnelle, plus pragmatique : le manque d’organisation.

En effet, la désorganisation va généralement créer de l’urgence dans votre quotidien :

  • Vous risquez de perdre du temps inutilement, ce qui vous donnera l’impression de ne pas en faire suffisamment
  • Il vous arrivera potentiellement de travailler jusque tard dans la nuit pour arriver à terminer ce que vous aviez prévu
  • Et vous risquez également de rater certains rendez-vous, que vous devrez reporter (sans parler de la gêne que ce raté aura généré chez vous)

Lorsque l’on est désorganisé, on est toujours à réfléchir à ce qui doit être fait ou au meilleur moyen de rattraper son retard.

A l’inverse, être organisé assure la sérénité. On sait à l’avance ce que l’on va faire car nous l’avons déjà planifié. Nous sommes certains de ne pas manquer de rendez-vous car nous l’avons inscrit dans notre agenda et que nous avons défini un rappel. Et nous n’avons pas à ressasser les problèmes en cours car nous avons déjà déterminé des créneaux pour nous y consacrer.

Conclusion

Si s’arrêter de penser peut parfois paraître impossible, nous avons vu dans cet article qu’il n’en est rien.

Au contraire, nous avons découvert que grâce aux neuroscience qu’ il était possible de contrôler son flot de pensées en se focalisant davantage sur ses sensations corporellesen occupant la partie motrice de son cerveau et en se montrant organisé.

Il ne tient donc qu’à vous de retrouver votre calme intérieur en appliquant ces principes !


Références :

  • Votre temps est infini, de Fabien Olicard
  • Se libérer des pensées, de Lionel Cruzille
  • Guérir le stress, l’anxiété et la dépression, de David Servan-Schreiber
  • CTS Santé et Nutrition, de Christophe Carrio
  • Maître de votre temps, maître de votre vie, de Brian Tracy

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